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Rencontre avec Sandrine Garcia : oser porter ses rêves

sandrine garcia, INFINIment femme

Sandrine Garcia est une femme qui n'a pas peur de vivre et c'est cela justement que vague(s) aime. Ses rêves la poussent en avant, le qu'en dira t'on la stimule, la jalousie l'amuse. L'important étant de vivre ses choix, et surtout de vivre ses envies, car en définitive, ce sont elles qui déterminent les choix. Touchante, pleine d'humour, animée d'une douce folie, elle aime la poésie qu'elle décline dans ses cahiers, la fête dont elle ne se prive pas, les gens qu'elle sait charmer mais aussi mettre en boîte avec un brin de tendresse et d'humour. Créatrice du mythique "Lindo Café ", lieu précurseur de Narbonne, elle poursuit sa vie de créatrice, en ayant foi en sa belle étoile. Entre légèreté et profondeur, vague(s) s'est arrêté en terrasse, le canal de la Robine en toile de fond. Avec une folle envie de la questionner sur sa nouvelle vie, et même la pousser dans ses retranchements - sans succès toutefois. 

vague(s) : Sandrine, comment vous sentez-vous dans votre vie ?

Sandrine Garcia : Il y a un an de cela, je me suis mise en congés. J'ai pris une année sabbatique et je me suis offert une année formidable. Cela m'a permis de découvrir qu'il était chouette de réaliser, pleinement, ce à quoi on rêvait,  ce dont on rêvait. Et qu’il n’y avait aucune raison de ne pas essayer.

Je pense être une âme en quête de sa mission. Mission que je voudrais réaliser dans cette vie. Ce que je souhaiterais surtout, c'est aider d'autres femmes à travers ce que j'écris. Que ce soit sur le plan de la famille, l'amour, le travail... Nous devons tout mener de front aujourd'hui. Je crois qu'une histoire personnelle, même douloureuse, peut apporter de l'aide à d'autres femmes. Et pour m'y consacrer, il faut pouvoir se lever le matin, et en se regardant dans la glace, se dire : je ne vais pas priver le monde de moi, quand même !

vague(s) : Vous avez, il y a quelques années, créé un blog surprenant : "Christina and the shoes". Ce blog évoquait très peu les chaussures, mais avait beaucoup plu, par ses textes surréalistes et poétiques. Pourquoi avoir arrêté ?

Je ne l'alimente plus, mais je continue d'écrire, sans exposer ce que je produis. J'écris aujourd'hui pour des courts-métrages. J'imagine de petites pièces de théâtre. Je ne tiens plus à offrir des choses auxquelles je tiens, et que certains pourraient utiliser à mon insu.

vague(s) : Qu'est-ce que l'écriture et la poésie pour vous ? Un voyage intérieur ? Une forme de yoga ou la découverte de nouveaux mondes ?

J'écris de manière intuitive, souvent au réveil. J'aime écrire le dimanche matin, dans la cuisine familiale, en pyjama. J'écris sans réfléchir, et c'est à la relecture que je découvre que mes textes sont un peu fous, et un peu torturés, aussi. J’aime écrire des choses un peu surréalistes.

"Il faut pouvoir se lever le matin, et en se regardant dans la glace, se dire :

je ne vais pas priver le monde de moi, quand même !"

vague(s) : Le monde a t'il besoin de plus de mots, de poésie ? Que lui manque-t-il aujourd'hui, selon vous, Sandrine ?

Oui, j'en suis persuadée. C'est pourquoi je continue à écrire. On n'est pas toujours compris. Je ne dis pas que je fais de la poésie, mais des textes. Beaucoup se méfient de la poésie et la perçoivent comme quelque chose d'ennuyeux, ou de prétentieux. J'enfile les mots comme des perles pour en faire de jolis colliers.

Je crois, surtout, que le monde a besoin de plus de sincérité, d'authenticité et d'amour. Et aussi d'un peu de silence. Il y a trop  de bruit autour de nous. Ce besoin de se recueillir est vital, et quand je vais dans une église c‘est davantage pour me parler à moi même qu’à Dieu ! J’aime le monde, la société mais j’apprécie énormément la solitude.

 vague(s) : Nous avons appris un beau jour que vous tourniez comme actrice figurante dans un film. Comment cela s'est-il passé ? Qu'en avez-vous tiré et qu'avez-vous découvert sur vous-même ?

J'ai intégré une académie de théâtre à Narbonne. Et très vite, j'ai rencontré des réalisateurs avec lesquels on a élaboré quelques petits projets. Mais je suis quelqu'un d'impatient, et j'ai tellement d'idées en tête que j'ai envie de concrétiser... J'aime les images, mais j'aime aussi diriger. J'ai donc eu envie de créer mes propres courts-métrages, avec mes scenarii. Un bon moyen d'évoquer, entre autres projets, l'image de la femme, indéfiniment érotisée. C'est ce que j'ai tenté de montrer dans le clip "Syndrome Maryline".

vague(s) : Ce clip ne prête-t'il pas à confusion ? Le message passe t-il vraiment ?

Alors... Les femmes l'ont compris, car elles perçoivent la souffrance qui émane de cette situation, celle de l'attente. Les hommes, quant à eux, l'interprètent uniquement de façon érotique. Et c'est ce que je voulais dénoncer. Le message n'a pas touché la cible comme je l'aurais souhaité. Alors oui, les femmes veulent séduire, mais les hommes séduisent également et jamais on ne les regarde comme des êtres qui disent: "Utilisez moi, faites moi mal..."

 vague(s) : Certains considèrent que vous êtes une femme qui aimez séduire ? Quel est ce pouvoir ? Une forme de politesse ? Un besoin d'être aimée, d'aimer ?

Je ne saurais pas vraiment parler de ce qu'est, en soi, la séduction.  Est-ce un don, une façon d'être, un jeu ? Je ne sais pas. J'ai toujours aimé la beauté, l'image de la beauté, les jolis vêtements. Petite fille, j'aimais porter la robe de mariée de ma mère, ses chaussures, être belle... J'aime porter de belles robes, car cela fait partie de moi. Bien sûr, cela peut en agacer certains. Je préfère, d'ailleurs, le mot "séduisante" à "séductrice", qui est synonyme de tentatrice. J'ai l'impression que nous oublions d'être séduisants les uns pour les autres. Il peut être agréable d'être séduisante. Car il s'agit d'une sorte d'échange. C'est offrir à l'autre, celui ou celle qui regarde, un peu de beauté, de plaisir esthétique, voire de plaisir moral. C'est aussi un plaisir pour soi. Mais plus j'avance, plus je réalise qu'il n'est pas besoin d'être apprêtée, très maquillée pour être soi-même. On veut plaire, ce qui est un désir très légitime. On est toutes des "Maryline", mais ce qui m'intéresse, c'est d'être reconnue dans ce que je suis et fais, et d'être comprise.

vague(s) : Mais pourquoi être comprise ? Avez-vous l'impression d'avoir quelque à dire et de n'être pas entendue ? 

Oui, c'est cela. Et c'est frustrant ! C'est pourquoi je me suis tournée vers le théâtre. On met ses idées en lumière et les gens sont plus attentifs à ce qui se passe sur scène, à ce que je peux dire ou montrer.  Cela peut paraître superficiel mais je m'exprime mieux de cette façon. Du coup, je peux porter de jolies tenues qui font partie des personnages que j'incarne. Je me fais donc doublement plaisir ! 

vague(s) : Que recouvre la notion de féminité sacrée pour vous ?

Je pense que le sacré en nous a été oublié mais en fait, sans vouloir aller dans des choses trop ésotériques, je dirai simplement que la femme est sacrée en tant qu'être vivant. Je souhaite simplement que les choses changent quant au statut de  la femme, mais aussi de l'homme.

vague(s) : Vous aimez beaucoup faire la fête ?

C'est un peu l'histoire de la princesse qui va au bal, qui quitte son habit de tous les jours, oublie ses tâches quotidiennes et part à la conquête de la nuit, en musique, en dégustant du bon vin. Faut que ça brille, bordel ! C'est aussi rire avec des amis, danser, s'amuser en fait, comme des enfants ! C'est libérateur.

vague(s) : Vous vous êtes intéressée il y a quelque temps aux accords toltèques et aux animaux totems. Qu'en avez-vous appris ?

Oui, j'ai eu l'occasion de participer à un week-end chamanique qui m'a ouvert à ce monde invisible. J'ai effectué, grâce à Claudine Rubiella, qui enseigne les accords toltèques avec Alain Désir, musicothérapeute, au son des tambours, une sorte de voyage intérieur. Dans un espace intemporel. C'est à ce moment que j'ai rencontré mon animal intérieur qui est le cerf. Il brame fort, il pose fièrement mais il incarne aussi la sagesse. J'ai été choisie par un animal qui était la louve. Elle représente, je crois, mon côté femme sauvage.

vague(s) : En quoi le fait d'avoir un loup pour totem est-il réaliste ? Et pourquoi un totem ?

Ce sont des symboles, je dirais des guides, des pistes de recherche qui indiquent que la nature est déjà le premier lieu de la quête de l'amour universel, de soi. L'animal totem peut être un support de méditation.

vague(s) : Vous avez un fils de douze ans Sandrine. Nous savons tous qu'en plus de l'éducation, la société vient aussi former l'esprit des enfants. En tant que maman, quelles valeurs, d'après vous, peuvent être les plus utiles à un garçonnet d'aujourd'hui ? Êtes-vous plutôt "Tu seras un homme, mon fils" ou bien "Je lâche mon coq, garez vos poules"? 

Plutôt "Tu seras un homme, mon fils ". Qu'il pense par lui-même d'abord. L'éloigner de cet enfermement que procurent les jeux vidéos, que j'ai fini par jeter d'ailleurs. Je veux le laisser explorer ses envies, trouver son chemin. Je crois qu'il faut revenir à sa propre enfance pour suivre et accompagner les sensibilités de son enfant.

vague(s) : Cette année, votre mot d'ordre fut : "Faut que ça brille, bordel !" Alors, combien d'étoiles, quelle lumière se sont déversées dans votre vie ?

Le diamant est encore dans sa gangue, je suis en train de le tailler. Il y a quelques lueurs qui percent, au gré des rencontres, des spectacles que j'écris. J'ai des choses à faire dire aux autres, d'autres lieux à explorer comme Paris ou Nice. Quelqu'un m'a dit gentiment que mon cœur  était réservé au cinéma. J'y crois et je travaille pour cela.

vague(s) : Êtes-vous heureuse Sandrine ?

Oui, je m'amuse beaucoup...


Le Traditionnel "Flish flash"

Votre injure préférée : P.....

Le métier que vous ne ferez jamais : P...

Votre taille : comme Eva Longoria

Votre âge : Pénélope Cruz

Votre tenue préférée : la petite robe noire avec des paillettes dorées. J'aime aussi le rouge... Les tenues qui m'inspirent le plus sont celles que portait Brigitte Bardot

Y a t-il un auteur qui a bouleversé votre vie ?  Khalil Gilbran 

Qu'est-ce qui vous agace ? L'interdit

Votre plat préféré : les coquillettes avec du râpé

Votre vin préféré : Sauvageonne, un blanc de Gérard Bertrand, ensoleillé, et dont le nom me parle

Votre dessert préféré : la tarte aux fruits défendus. La pomme, c'est magique !

Votre musicien préféré : Gainsbourg, dont les textes me vont droit au cœur. J'ai l'impression parfois qu'il me comprend

Qu'est-ce qui vous pousse, le matin, à vous lever ? Ma vanité.

 

Photos : Michel Ferragne

Le Blog de Sandrine

 

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Commentaires: 2
  • #1

    Willy (samedi, 08 décembre 2018 12:22)

    J'ai pris connaissance avec intérêt et curiosité de cette interview. Je n'ai pas été déçu. Le diamant brut est toujours dans sa gangue et la langue n'est pas fourchue. Elle (la langue) peut séduire, étonner, interpeller, susciter l'intérêt, ou même une certaine vanité. Chacun y trouvera son compte. Ce qui m'a particulièrement enthousiasmé est sa sincérité, sa profondeur, son ressenti, sans tenir compte du "quand dira t'on" généralement clamé par l'incompréhension ou l'étroitesse d'esprit. Cette envolée rafraîchissante et " brute de décoffrage" incite à l'introspection qui abouti le plus souvent au discernement constructif. Merci pour cette franchise .

  • #2

    Marianne Ballester (dimanche, 09 décembre 2018 17:05)

    Sandrine ce fût un plaisir de te lire, un beau message pour toutes les femmes d'instincts ,les femmes d'aujourd'hui...Les femmes tout simplements et sans oublier les fameux bons hommes ! Tu es à la fois d'une simplicité élégante,piquante, poétique, joyeuse, que dire d'autre ? Continue à croire en toi !❤