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NATUR'ELLE & LUI, COUPLE DE LA TERRE

De leur nom de producteurs, NATUR’ELLE & LUI, Elise Ervic et Jean-Robert Duterque se sont mis à l’agriculture il y a 5 ans. Pour Elise, c’est un rêve d’enfant qui se réalise.  Quant à Jean-Robert, dans une autre vie, il était forestier. Ils se sont rencontrés lors d’une formation agricole, en vue d’une reconversion. Aujourd’hui, maraîchers sous la mention Nature et Progrès, installés à Routier et Cambieure, villages du Razès, ils vendent leurs œufs et légumes en circuit court. VAGUE(S) a rencontré le jeune couple un dimanche à Espéraza, cette commune de la Haute Vallée qui compte un des marchés les plus pittoresques de l’Aude.  ENTRETIEN. 


vague(s) : Comment êtes-vous devenus agriculteurs ? 

Elise & Jean-Robert : L’agriculture est venue à nous et nous sommes venus à elle. Nous avions envie d’exercer une activité agricole. Et nous y sommes venus par questionnement. Travailler en produisant de la nourriture, quelque chose d’utile et de nécessaire était une évidence pour nous. 

 

vague(s) : Quelles  difficultés peut rencontrer un néophyte pour devenir maraîcher ? 

Elise & Jean-Robert : La difficulté, c’est de trouver un lopin de terre car la main-mise sur le foncier par de gros producteurs s’accentue. Et la menace sur la paysannerie, alors qu’il n’y a jamais eu autant de néo-ruraux, est réelle. 

Il existe une mainmise sur le vivant, sur l’alimentation. Sur certains paquets de graines, il est écrit : “Interdiction de reproduire”. Le risque sanitaire et alimentaire est très grand puisque la diversité des semences est réduite de jour en jour, ce qui ne peut convenir à l’agriculture. 

 

vague(s) : Comment s’organise votre activité ? 

Elise & Jean-Robert : Nous travaillons un champ d’un hectare environ, pour une production maraîchère diversifiée. Nous n’avons que des produits de saison et nous nous interdisons de revendre les produits d’autres producteurs. C’est une activité de productions variées et non pérennes. Nous essayons une grande diversité de plantes sur le terrain, herbes et fleurs sauvages comprises. Les poules amènent la fumure pour le sol, le but étant d’atteindre l’autonomie. L’ultime problème, c’est l’eau et la graine. Nous achetons les semences à deux producteurs indépendants de qualité et nous allons tester celles de Kokopelli… C’est notre cinquième saison et nous avons gagné une bonne clientèle, leur confiance surtout. Nous faisons essentiellement de la vente directe, et aussi des livraisons de paniers de légumes pour une quinzaine d’adhérents à un point relais. 

 

vague(s) : Et vous, comment mangez-vous ? 

Elise & Jean-Robert : Nous avons nos légumes et nos oeufs et depuis peu, nous choisissons de la viande provenant de circuits courts, ce qui nous permet de manger une chair de qualité. Pour l’eau, nous avons la source d’Alet les Bains, l’eau courante étant utilisée pour la vaisselle, le bain...  

 

vague(s) : Vos clients sont-ils soucieux d’alimentation ? Vous en parlent-ils ? 

Elise & Jean-Robert : Beaucoup recherchent des produits locaux. Ils veulent consommer des légumes ou des fruits de leur région et connaître leurs producteurs. C’est une bonne tendance. 

 

"Travailler la terre nous fait prendre conscience de ce que nous faisons

de notre argent et de la manière dont nous consommons"

vague(s) : Comment vivez-vous de votre activité ? 

Elise & Jean-Robert : Les marchés constituent une grande partie de notre chiffre d’affaires. Mais nous avons subi un coup dur l’an dernier : on nous a volé une soixantaine de poules. A notre niveau, c’est très préjudiciable. Alors pour l’instant, nous production nous assure le minimum. 

Travailler la terre nous fait prendre conscience de ce que nous faisons de notre argent. Nous l’utilisons pour l’achat d’une alimentation saine. On boycotte les aliments industriels afin de privilégier les productions locales, car quelquefois, local vaut mieux que bio. 

 

 

vague(s) : C’est donc un choix engagé ? 

Elise & Jean-Robert :  C’est plutôt un choix citoyen. Et même, un choix de citoyen du monde. Seule, la terre nous relie tous. C’est là l’essentiel. Et le savoir, c’est faire les choses en conscience. 

 

 

vague(s) : Que vous a appris la terre ? 

Elise & Jean-Robert : L’impermanence d’abord : rien n’est jamais acquis. C’est dur quelquefois, mais il y a un échange gratifiant entre elle et nous. Est-ce plus difficile qu’un emploi d’ouvrier d’usine ou d’aide-soignant ? C’est un choix de vie par lequel s’exprime notre passion. Ici, nous n’avons pas l’impression d’être « au travail ».   

L’élevage des poules nous fait aussi découvrir leurs personnalités, leurs réactions et il y a une vraie communication qui s’établit entre nos poules et nous. 

La terre, c’est un apprentissage continuel. Chaque année est différente. La météo fonctionne de manière différente et tout le système avec. C’est l’école de la Nature. Elle nous enseigne un équilibre, fait d’impermanence, de générosité, et de diversité. 

 

vague(s) : De bien belles leçons ?  

Elise & Jean-Robert : Nous avons eu de la chance. Nous avons pu trouver un terrain à cultiver malgré la pression foncière. Nous nous sommes affiliés à Nature et Progrès, une association où chacun a la parole et où nous découvrons l’agrobiologie ou la biodynamie. La certification rassure les clients qui tiennent à voir une garantie ou un label AB. Nous leur disons souvent que nous sommes mieux que bio. Et nous restons conscients et heureux d’avoir fait un bon choix. Alors, nous continuons. 

Nous avons eu de la chance. Nous avons pu trouver un terrain à cultiver malgré la pression foncière. Nous nous sommes affiliés à Nature et Progrès, une association où chacun a la parole et où nous découvrons l’agrobiologie ou la biodynamie. La certification rassure les clients qui tiennent à voir une garantie ou un label AB. Nous leur disons souvent que nous sommes mieux que bio. ET nous restons conscients et heureux d’avoir fait un bon choix. Alors, nous continuons. 


Où trouver les produits de Natur ’elle & lui  ? 

Marché de Limoux, Place de la République, tous les vendredis, de 9h à 13h

Marché d’Espéraza, Place de la République, tous les dimanches, de 8h à 14h.


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Commentaires: 2
  • #1

    André (jeudi, 10 octobre 2019 00:38)

    Comment peut-on leur commander leurs légumes ?

  • #2

    vague(s) (vendredi, 11 octobre 2019 14:19)

    André, vous pouvez les contacter par téléphone au 06 43 53 67 61. Ils préparent des paniers de légumes de saison... Ou aller au Marché de Limoux ! Bonne journée.