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Ce que nous sommes : satsang avec Grégory Mutombo au CGR de Narbonne

Grégory MUTOMBO :L'élégance dU VERBE

On vit décidément une époque formidable en ces temps de profonds changements. La fin, semble-t-il, toute proche, d'un vieux monde qui résiste tant bien que mal... Ce jour-là, sans que nous en ayons conscience sur l'instant, c'est vers nous-mêmes que nous allions… Au CGR de Narbonne, en novembre dernier, vague(s) rencontrait Grégory Mutombo. Un éveilleur de conscience. De ceux qui éclairent la voie. Et cela fait du bien. C'était juste avant la projection du documentaire "CE QUE NOUS SOMMES", réalisé par Laurence Dottin. Un film bouleversant, où le cheminement des participants est filmé de l'intérieur, au cœur des séminaires qu'anime Grégory Mutombo. Ici, il n'est plus question de développement personnel, mais de "dépouillement personnel" pour oser être enfin ce que nous sommes. Une voie directe, en quelque sorte. Et pour que chacun, avec sa propre note, enfin libéré de ce qu'il n'est pas, participe à "LA SYMPHONIE DES ÂMES", titre d'un des ouvrages de Grégory Mutombo, ancien militaire, auteur, conférencier, ... qui transmet inlassablement à ceux qui veulent bien entendre, l'acceptation, le non-jugement, l'amour de soi, et pour qui "Le plus haut degré d'orgueil est le déni de soi ".  Avec patience, il répond inlassablement aux questions, au risque de se répéter, incarnant avec force une spiritualité en action. Ses réponses fusent de ce centre où tout est limpide, et non d'un quelconque apprentissage intellectuel. Il est. Rencontre avec celui qui en un mot résume l'essence de la Vie : AMOUR. 

Face à nous, assis sur une chaise dans le hall du CGR de Narbonne, Gregory Mutombo est présent. Ici et maintenant. Comme le reflet de ce que nous pourrions être, défaits de nos prismes déformants, de nos peurs, de notre attachement à notre "légende personnelle". Et ainsi passer de l'horizontalité à la verticalité, connecté à ce qui en nous est connaissance pure. Il y  a en lui, une vulnérabilité qui s'offre sans protection et une puissance qui ne cherche en rien à convaincre. On aimerait bien être là où il est, tout en sachant que nous le sommes déjà sans en avoir conscience. Il est là pour lever les voiles et chacun de ses mots, soufflé par le Verbe, est une évidence. Comme un écho de ce que l'on sait déjà, obscurci par une espèce de 'truc' qui nous embrume. Cela féconde en nous, ou pas. Grégory Mutombo n'a rien à démontrer. 

 

Et si on sortait de la quête ?

S'il était si simple que cela d'être : accueillir l'humain que nous sommes, en retirer les couches, en déloger les masques qui ne nous appartiennent pas, embrasser notre vie sans vouloir être autre, en résonance avec notre corps, le baromètre de notre incarnation. Accueillir toutes ces émotions embarrassantes, - colère, tristesse, impuissance, honte,...  et vague(s) en passe - sans les juger. Et aimer notre humanité, tout ce qui nous compose, y compris ces émotions inscrites depuis des millénaires, indignes d'être aimables, car jugées "malsaines", et non formatées pour co-exister en société.

 

Plus de vingt ans dans l'armée...

Grégory Mutombo, lui qui ne s'enorgueillit pas de son parcours singulier - pour lui, ce sont juste des expériences qui l'ont amené à des prises de conscience - ne s'attarde pas trop sur son passé. Là n'est pas l'essentiel, comme il le dit : "Se définir par des mots, ou par des qualificatifs, c'est toujours un peu compliqué. J'aime à dire que l'on est ce que l'on partage, ce que l'on vibre. On est ce que l'on émane. On  n'est pas déterminé par nos actions, par des titres, par un métier, par une fonction... En ce qui me concerne, j'essaie de vibrer le plus de Vérité. On aime à donner des points de repères.

Alors, avant de faire ce que je fais aujourd'hui, j'ai eu, comme tout le monde, un itinéraire très différent, puisque pendant près de vingt ans, j'étais officier de gendarmerie, dans les forces armées, et que suite à ce parcours-là, aujourd'hui, j'écris des livres, je donne des conférences, j'anime des stages avec toujours cette même ambition d'aider ceux qui viennent à moi  à sortir d'une condition, d'une habitude, d'une idée rétrécie de soi qui empêche justement de percevoir cet élan. C'est le jeu du contraste. C'est un peu cela :  sentir, ce qui en nous, nous prive de cette expérience, de cette vérité. Alors que cette vérité-là n'est pas figée, n'est pas enfermée dans des mots et des concepts, elle se dévoile, elle se déploie au fil du temps. Un peu comme un forgeron... C'est en voulant bien incarner ce que l'on est chaque jour, de manière progressive, qu'on se découvre soi. "

 

"Sentir, ce qui en nous, nous prive

de cette expérience, de cette Vérité"

 

Satsang : en compagnie du Verbe

Très jeune, il est déjà attiré par toutes ces questions métaphysiques, qui sortent de la forme. Dans un environnement peu propice aux réponses qu'il se pose,  éduqué par un père aux méthodes "un peu sportives", comme il le dit avec pudeur, lui qui déjà,  ne comprenait pas, n'acceptait pas la réalité qu'il vivait. "... Et donc, vers l'âge de 18-20 ans, je me suis dit : quelle pourrait être la meilleure fonction où je pourrais pratiquer cette aspiration spirituelle, ésotérique, peu importe ? Et la réponse intérieure, l'intuition qui m'a été donnée, c'est de m'engager dans l'armée et de choisir un régiment qui parte à l'étranger.  Alors, c'était pour moi une déception, que cette réponse-là me soit donnée. Mais j'ai ensuite perçu à quel point, c'était beaucoup trop facile de se déclarer spirituel, dans l'amour et dans le cœur, dans des salons feutrés entourés de "Bisounours", et qu'il fallait mettre cela en pratique, c'est-à-dire : est-ce que, oui ou non, je suis capable d'incarner la paix, la joie, la sérénité, la complétude au milieu de Kaboul, en Afrique subsaharienne, en pleine guerre civile ? Donc, cela m'a demandé, pendant toutes ces années, de mettre en pratique ces grandes questions spirituelles et voir si elles étaient réelles. Est-ce que oui ou non, on peut "marcher cette parole" et pas simplement l'imaginer, ou en faire une belle philosophie, mais qui n'est pas "éprouvable" dans le temps et dans l'espace ?  Et lorsque ce parcours était crescendo et m'a amené les six derniers mois de mon service en Afghanistan, j'ai conçu, j'ai réalisé que cette idée de paix intérieure était réelle au sens où elle avait un impact immédiat, réel, sur le décor environnant".

 

"Est-ce que, oui ou non, je suis capable d'incarner la paix, la joie, la sérénité, la complétude au milieu de Kaboul,

en Afrique subsaharienne, en pleine guerre civile ? "

 

Concrètement se demande-t-on, comment cela peut-il être possible ? De quelle manière cet état de non-dualité peut impacter la réalité extérieure dans des situations extrêmes, notamment en temps de guerre ? Grégory Mutombo répond de manière claire : "Très concrètement, quand on parle de ces climats hostiles, ces décors apparemment belliqueux , on a toujours l'impression qu'il y a un adversaire. Et puis, on est en face, l'un doit aller contre l'autre. Et ainsi de suite, de manière alternée. J'ai réalisé, - j'ai rendu réel -, que lorsque je changeais totalement de regard, que je cessais de voir en face de moi un décor hostile, des personnages qui étaient à priori orientés avec une intention contre la mienne, que je cessais de voir les choses ainsi, de manière duelle, séparée, cela modifiait l'information quantique qui était en moi. Et comme on sait que nous sommes des êtres magnétiques, des êtres quantiques, - d'ailleurs la physique le prouve - lorsqu'on change cette information en soi, elle se modifie, elle se partage avec le décor. Et donc, lorsque c'était réel pour moi, même dans une circonstance qui était celle d'un conflit avec une apparente opposition paroxystique, et bien, il y a eu une relation qui s'est créée : une disparition du décor, du conflit. Quand je raconte cela, on me dit que ce n'est pas possible. Comment cela se fait-il que d'un seul coup, cela s'arrête ? Cela sera prouvé par la physique quantique très prochainement que lorsque la vibration, l'information qui est en soi change, cela impacte l'autre, mais c'est un peu ce qui s'est passé. Alors, est-ce que c'est concret ? A mon sens, c'est très concret.  Mais on a pas besoin d'aller dans un pays en guerre pour se le prouver. Dans les familles, dans le travail, dans toutes les situations, tant qu'on croit qu'on doit convaincre l'autre, qu'on doit se défendre, se protéger, et ainsi de suite, on maintient cette séparation, cette dualité. Et lorsqu'on cesse de voir un autre, séparé de soi, distant, il se passe que l'information vibratoire qui est en nous se répand autour de soi. Et ce qui est en dedans est comme ce qui est au dehors. Et c'est là où effectivement on se donne la preuve. Mais tant qu'on est là chez soi et qu'on se dit, oui, je verrai quand le monde change, là, je pourrai commencer à voir les choses différemment. Et bien, rien ne bouge. C'est quand on veut bien soi-même incarner le changement que le changement apparaît. Tant qu'on l'attend chez soi, benoîtement, dans son salon, en regardant les informations qui sont là, extérieures, on est comme victime d'un décor."

 

"Lorsque la vibration, l'information qui est en soi change,

cela impacte l'autre... Et lorsqu'on cesse de voir un autre séparé de soi, distant, l'information vibratoire qui est

en nous se répand autour de soi. "

 

Un chemin de responsabilité

C'est donc à un changement de regard auquel nous convie Grégory Mutombo : "C'est avant tout un chemin vers SOI, qui ensuite se décline vers un choix vers les autres. C'est pour cela que ce n'est pas en faisant des choses particulières, en voulant sauver le monde que le monde change. C'est en changeant en soi toutes les parties  qui sont toujours en colère, en revendication, en dénonciation, en tout ce qu'on veut... mais tout sauf en paix, qu'une paix s'installe véritablement. Mais elle est tellement attendue, depuis si longtemps, au dehors. On attend tellement que le monde change et nous amène une paix extérieure. D'ailleurs, que dit l'égo ? Il dit :  " Foutez-moi la paix, donnez-moi la paix !" Jamais il ne s'annonce comme étant celui qui va l'amener. Non, et c'est là où effectivement, c'est un chemin de responsabilité. On est là pour incarner ce à quoi on aspire et pas pour attendre de ce monde qu'il nous gave de paix, de joie, de bonheur, de jouissance, qui irait là anesthésier tout ce qui en nous vit encore dans une apparente souffrance." 

 

L'Ultime effort : n'en faire aucun

Et comment parvenir à cet état de dépouillement personnel ? "L'ultime effort est de n'en faire aucun. Je n'ai pas dit qu'il n'y a aucun effort à produire. Tous les efforts qui mènent à cet ultime effort qui n’en fait aucun sont de bien vouloir avoir ce courage, au sens du cœur en action, d'être honnête avec soi, d'arrêter de se mentir, de se raconter des histoires, de  dire " Tiens, si je suis malheureux, ou si je ne suis pas heureux, c'est à cause de celui-ci... Ou si le monde changeait, cela me rendrait plus heureux, et ainsi de suite... ". Cette malhonnêteté que l'on a entretenue en soi qui nous prive justement de jouir de ce que nous sommes tout de suite. Alors, cela demande un effort considérable. De bien vouloir voir cela, et de s'en départir…. Il y a une espèce de zone de confort, en vérité totalement inconfortable, qui est là au quotidien. Observée dans le couple, dans le travail, les lieux de vie, les manières d'être et de voir... Cela demande un effort considérable de contenir cela. Être soi, cela ne demande aucun effort. C'est naturel, c'est comme un jeune enfant, un bébé. Il ne fait pas d'effort pour être quelqu'un. Mais dès qu'on commence à se croire devoir répondre à des injonctions, des conditions, des exigences extérieures, on rentre dans ce confinement du personnage qui fait un effort considérable pour donner bonne figure. Tout le temps. Avec la famille, la belle-famille, l'entourage, bref… Apparaître sous un jour qui soit acceptable et accepté. Parce que l'on croit que si on est vrai, tout le temps, en permanence, on risque quelque chose, on ne sera pas suffisamment aimable, pas suffisamment séduisant pour gagner quelque chose. Et ce chemin du "petit quelqu'un", le chemin de l'effort, est un chemin de séparation, un chemin de désunion avec soi. Et on croit que si on joue un rôle, et qu'on est bien vu, on sera finalement aimé. Mais qu'est-ce qui est bien vu ? Justement, on est totalement mal vu, si je puis dire, c'est le voile qui est vu. Alors, c'est ce pas-là qui est le vrai non-effort, c'est de voir que tous ces efforts qu'on produit ou qu'on a produits, en vérité, nous ont juste mené à prendre conscience qu'on ne veut pas cela... On veut ce qui est simple, ce qui est  fluide, ce qui est immédiat, pas ce qui est obtenu par la résistance, le confinement, la contention de soi.

 

"Être soi, cela ne demande aucun effort...

Le chemin de l'effort

est un chemin de séparation,

un chemin de désunion avec soi."

 

Mais alors, cet état de grâce, que nous recherchons, quand en prend-on conscience ? Quand peut-il y avoir un "déclic" ? "Lorsqu’on voit la totale inanité du jugement. Lorsqu’on voit à quel point en vérité on n’a pas envie de juger les choses et de juger l’autre et soi en particulier. Lorsque cela est vu totalement, si déclic il y a, c’est cela : c’est de voir la démence, la folie de la séparation qu’on a pu mettre entre soi et le monde, entre soi et autrui, entre le petit moi et le grand soi... ".

 

Et comment alors, impatients que nous sommes, nous sentir plus vivants, plus vibrants ? "Mais c'est quoi se sentir vivant en définitive ? " interpelle Grégory. "C'est sentir l'amour en soila capacité à aimer. La capacité à partager une joie, à partager une intensité, là, une vibration haute, c'est cela, se sentir vivant. Alors, qu'est-ce qui fait qu'il y a des circonstances où on ne sent pas la vie. On se prive de cela, on se prive de ce partage-là. On fait un choix qui est différent. On fait le choix de la peur, du doute, du rejet, du jugement, de l'angoisse. Alors, c'est là où on dit, oui, mais si je réalise cela plus tard, cela ne va pas être triste ou plat ? Parce que l'intellect veut savoir à l'avance mais il ne peut pas imaginer avant ce que c'est. Alors, plutôt que de lâcher son terrain connu, il commence à négocier avec cela, il préfère être au fond de la grotte et ne pas savoir ce qu'il y a dehors. Au moins, se dit-il,  je connais les limitations qui sont là. Avant de lâcher cela, racontez-moi ce qu'il y a dehors. Et la réponse est toujours la même : " Pour que tu puisses voir ce qu’il y a dehors, il faut que tu lâches l'existant". Et si on osait faire le grand saut ? 


Retrouvez l'interview  de Grégory Mutombo dans son intégralité sur la chaîne YouTube d'Ecran Local, un entretien mené à quatre voix par Catherine Bécam et Michelle Camille - vague(s), Philippe Kern - KproD, Stéphane Kowalczyk - Msk productions. (Vous n'entendrez pas les questions,  elles ont mystérieusement disparu… ).

En savoir plus http://gregorymutombo.com/

 

Bibliographie : 

Le feu de l'esprit, éditions Guy Trédaniel 

La symphonie des âmes, éditions Guy Trédaniel 

 

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Commentaires: 1
  • #1

    Brigitte Baert (lundi, 10 décembre 2018 07:19)

    La grâce d'embrasser la Vie à bras le coeur ... Tout Jour
    Merci Gregory