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VIBRANT HOMMAGE : COLLECTION PRIVÉE DE SERGE GRIGGIO, ARTISTE PEINTRE

C'est à Moux, dans son atelier d'artiste que VAGUE(S) a découvert la collection privée de Serge Griggio et sa dernière série de toiles POST MORTEM. De fil en aiguille. De réflexion en réflexion. De situation en situation. Une idée surgit et l'amène illico à manifester dans la matière ce qui le touche. Intarissable créateur, Serge Griggio a le don de s'émerveiller chaque jour de la Vie. Et de transmuter, en une profonde alchimie, les situations du réel pour créer sur les toiles d'autres espaces-temps. La Vie nourrit son art. L'Art nourrit la Vie. Cet été, dans ce petit village des Corbières, entre Montagne d'Alaric et Corbières, Serge Griggio ouvre un atelier vivant. Un espace coloré où se mêlent en un joyeux désordre organisé, ses propres créations et quelques toiles et photographies d'artistes choisies, issues de sa collection privée. Cette collection, d'une centaine d’œuvres d'artistes environ, acquise au fil des ans, - sur plus de 40 ans -, était demeurée jusqu'alors à l'abri des regards. On peut aujourd'hui leur rendre visite à Moux, avec cette exposition d'été "COLLECTION D'ARTISTE". 


Une première dans l'atelier de Serge Griggio 

« Des œuvres avec lesquelles je vis », et que ce profond humaniste avait envie de sortir de la sphère privée. Une urgence à rendre vivantes les œuvres des artistes dont il conserve la trace, certains trop méconnus, d'autres déjà décédés. Mais qu'est-ce qui pousse Serge Griggio à poser sur les murs de son atelier les petits bouts de vie de tous ces artistes issus de sa collection privée ?

 

Il évoque son rapport aux autres artistes, faisant revivre le passé, avec humour, sensibilité et une émotion palpable. Les histoires de tous ces personnages qu'il a connus. Ce sont toutes ces rencontres, sur près de 40 ans, qui revivent dans l'atelier, et ces échanges denses où chaque artiste, un jour, a porté un regard extérieur sur le cheminement artistique de l'autre. Et Serge de s'interroger sur les "paramètres aléatoires " qui feront qu'une oeuvre connaîtra le succès ou non. « Beaucoup d’œuvres d'artistes, une fois qu'ils sont morts, finissent au grenier ou dans un placard. Rares sont les enfants qui en héritent, à s'en occuper. Ils n'ont pas le temps... ». 

 

"Collection d'artiste" est donc un hommage. Un hommage vibrant à toutes ces expressions immortalisées sur la toile ou la photographie, acquises ou échangées depuis les années 80, que Serge Griggio se propose de partager. C'est une première. Réunis dans son atelier de Moux, les univers ici se croisent, se côtoient, se parlent, se ré-inventent. 

C'est peut-être un cheminement intime qui a poussé l'artiste, pour qui la réflexion est intrinsèque à la création,  - ce qui lui donne autant de profondeur et d'épaisseur-. Ou cette fine membrane dans le processus de création qui sépare ses créations et le réel. Ainsi, sa dernière série de toiles, POST MORTEM, est une interrogation sur la mort, l'absence, les vivants qui restent... De ces questions sont nés des diptyques et triptyques, ou le récit du chemin qui l'a mené, comme par prémonition ou sensibilité à des signes visibles et invisibles, à créer POST MORTEM, Après la mort. 

 

Épurement, le processus de création signé Serge Griggio

Car au départ du processus, c'est un enchaînement de situations dont l'artiste prend conscience. « C'est cette histoire de chemin », nous dit-il. « Pour cette nouvelle série, j'ai posé dans l'espace une installation graphique, ornée de fleurs. Des tiges de fleurs en plastique, puis mon attention s’est portée sur les fleurs en bord des routes, celles qu'on dépose en mémoire des disparus, des accidentés de la route... Jamais auparavant, je ne les voyais. Des signes aussi ténus soit-il, annonciateurs du décès brutal d'une personne très proche de moi... Et puis m'est apparue une phrase de Jean d'Ormesson qui disait : « Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c'est la présence des absents dans la mémoire des vivants ». J'ai travaillé sur cette série à partir d’éléments figuratifs, les fleurs, jusqu’à ce qu'elles finissent par disparaître totalement. C'est un processus d'épurement ». 

 Une galeriste de Madrid, intéressée par la série, perçoit un visage dans une des toiles. Serge, étonné : « Je n'y ai jamais mis un visage ». Un jour d'exposition, une femme entre dans son atelier et éclate en sanglot, à la vision de toutes ces toiles. C'était, ce jour-là, l’anniversaire de sa fille décédée.  « Pour moi, cette série n'est pas mortifère. Bien au contraire. Dans tout le processus de création qui l'entoure, il y a de l'extraordinaire dans l'ordinaire avec ce parcours autour des fleurs. Jusqu'à présent, je ne m'étais jamais interrogé sur la mort. C'est un autre aspect de la vie, quand tu es artiste.  Je me suis intéressé au corps, à travers les SDF, le corps à travers le handicap et l'érotisme, mais pas à la mort et au deuil. C'est très intime au final le rapport qu'on peut avoir avec celui qui part  »

 

Alors, pour ceux qui restent, les créations de Serge Griggio et celles issues de sa collection privée se visitent tout l'été dans l'atelier de Moux de l'artiste peintre, où le temps semble disparaître en sa présence si vivante.  


 

 

 

Exposition COLLECTION D'ARTISTE 

Tous les samedis de 14h à 18h et sur rendez-vous

Atelier SERGE GRIGGIO

Avenue Henri Bataille

Tél. 06 20.30.38.25

site web : www.sergegriggio.com

 


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Commentaires: 1
  • #1

    Omega (jeudi, 04 juillet 2019 22:56)

    https://sergegriggio.com/