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TEMPS DE RÊVE, MAISON CHASSAGNE : TOUTE UNE POÉSIE

Si on pouvait, - sans réduire l'être qu'elle est - , poser un mot pour parler de Malvina Chassagne, vague(s) n'hésiterait pas à en évoquer un seul : la GRÂCE. Créatrice de TEMPS DE RÊVE, - la Maison fêtera en 2020 ses 15 ans d'existence -, est une entreprise artisanale comme on les aime. Spécialisée dans la décoration de mariage sur mesure à Narbonne. La jeune quadra revient, non sans émotion, sur son parcours de chef d'entreprise. Quatorze années ont défilé depuis ce jour mémorable où elle décidait de se lancer dans l'entrepreneuriat, sans savoir où cela la mènerait. Animée par la foi en la vie, une sagesse innée et en sa belle étoile, cette amoureuse de la Vie a su faire une force de tout ce qui aurait pu l'éteindre. Une grande âme que vague(s) a rencontrée. Ses yeux, quand elle parle, en disent long. Son regard ne cesse de se métamorphoser, au gré des émotions qui la traversent. Tantôt grave, tantôt rieur. Une poète au grain sensible qui accompagne de son délicat talent tous ces amoureux qui célèbrent leur union. Dont la sincérité se connecte aux autres avec cette poésie indéfinissable qu'est la touche de TEMPS DE RÊVE.  RENCONTRE.  


Dans l'atelier de Malvina Chassagne, à Narbonne, règne un joyeux chaos ordonné. Ici, les objets insolites le disputent à d'autres, plus étonnants les uns que les autres, quand on n'en connaît pas encore l'usage. Tout se recycle. Et tout respire, subtilement vivant.

 

D'une prestation à l'autre, la jeune décoratrice de mariage, sans compter, se voue corps et âme afin d'honorer les commandes et prestations qui s'enchaînent pour magnifier un temps qu'on voudrait suspendre à jamais : le mariage entre deux êtres. « Pour moi, une prestation » nous dit-elle, « C'est une exaltation. Je n’ai plus sommeil, je n’ai plus faim, c’est un état second que je vis. Après 14 ans de prestations, je suis dopée  à mon métier, je suis pleine d’énergie, de dopamine, d’adrénaline quand je suis dans ce  mouvement. En prestation. Et je suis très efficace. C’est toujours cela qui m’anime… J’ai besoin de donner mes énergies pour être bien. C’est cette circulation qui m’alimente et me rend heureuse. Il m’a fallu du temps pour le comprendre et le trouver… ». 

 

CHEMINER VERS SON DÉSIR PROFOND

Aller au contact de ce qu’il y a de plus vibrant en soi pour reconnaître ce que la Vie nous propose. Écouter ce qui est là, vibrant, même si cette agitation,  - l’émotion - , peut être souffrance quand elle n’est pas transformée. Malvina Chassagne en sait quelque chose. La petite fille de la résistante Yvette Chassagne, une des trois premières femmes reçues à l’ENA et première femme à être nommée Préfet de France sous la présidence de François Mitterrand en 1981, a de qui tenir. Ces deux-là ont nourri des liens très forts. Et partagent les mêmes gènes. Toutes deux pionnières. Chacune à sa façon. Elles ont en commun le mouvement, l'élégance, la pugnacité qui font leur signature. Selon leur vocation. 

 

« Je suis ce que je suis et je ne vois pas

pourquoi je changerais »

 

Malvina, la petite-fille, aurait pu suivre la voie tracée par son illustre grand-mère. Mais comment égaler ou dépasser une telle figure ? Malvina, un jour, a écouté sa propre voix, et se souvient qu’enfant, à l’âge de 8 ans, elle savait déjà qu’elle ne saurait rentrer dans le rang. Cela, c'était sûr : écouter sa voix pour inventer sa propre voie, peu importe si les manuels d’histoire ne la citent pas, et qu’elle ne vivra pas la vie d’une haute fonctionnaire, à l’instar d'Yvette. Les concours auront eu raison d’elle. Elle n’a plus rien à se prouver. Gracieuse, Malvina est étonnamment vivante et joue sa propre note. A sa manière. Autrement. Tout en restant en lien avec Yvette, sa grand-mère, qu'elle savait au-delà des apparences et des mythes, et dont elle a hérité malgré elle la gestuelle ample et le talent de "femme orchestre ".

 

« Je suis ce que je suis, je ne vois pas pourquoi je changerais »,  répondait Yvette Chassagne face caméra à la question de la journaliste d'un média mainstream.  Révolution dans les années 80 quand à 60 ans, - une femme, la première - , venait embrasser, avec simplicité et rigueur, une nouvelle carrière, celle de Préfet, jalousement gardé par la présence masculine en place.

 

Une rigueur et une simplicité que l'on retrouve chez la créatrice de TEMPS DE RÊVE. Toute de bon sens. Certes, la forme aura changé : la petite-fille a grandi et a su faire ses propres choix, guidée par le respect de soi. Une première. Céder à ce que le cœur lui dicte, quitte à vivre l'inconfort, les doutes et le découragement. Et s'y tenir...

Malvina, la petite-fille nous fascine autant qu'Yvette, la grand-mère. La petite-fille existe désormais seule, indépendamment de toute loyauté familiale. A vague(s), on aime son phrasé : musical, fluide. Ses mots sont toujours justes, ils viennent de très loin. De cette profondeur qui a expérimenté les flux et reflux de la vie et rend les gens humbles. On aime aussi sa fossette, rare chez les femmes, signe distinctif, symbole de beauté et de noblesse chez certaines cultures tribales du continent africain.

 

 

VISION(S)

Aider l'humain à réaliser un rêve, faire en sorte qu'une cérémonie de mariage demeure gravée dans les mémoires scellant pour toujours un amour entre deux êtres... là est le challenge de TEMPS DE RÊVE. Et aussi ce qui prédestinait Malvina Chassagne, sa créatrice, à rendre inoubliables les mariages de ses clients. 

 

Mais avant de créer sa propre entreprise en 2005 et transmettre la vie à son premier fils, Malvina nourrissait un autre projet de vie, celui d'un métier qui évoluerait autour de la naissance. «Je voulais être sage femme, pour faire en sorte que le démarrage de la vie soit le plus libéré de ce qui peut empêcher d’avancer. Pendant mes études, alors que je préparais le concours, j’avais lu énormément d’essais sur la périnatalité. J’ai découvert dans ces écrits l’importance de ce qui se joue dans la relation entre parents et enfant et entre mère et enfant, dans les premières heures, pour ne pas dire les premières minutes. Et je m’étais dit, il faut travailler là-dessus, c’est fondamental ».

 

Une vision de précurseur pour l’époque, quand on sait, vingt ans plus tard, l’engouement pour toutes les nouvelles thérapies liées à la naissance et à l’accompagnement des parents…

 

Le destin, toutefois, semble vouloir contrarier le projet de vie de Malvina, qui échoue au concours de l’école de sage femme. Par dépit, elle s’inscrit en fac de psychologie afin, un jour ou l’autre, de retrouver sa trajectoire : la périnatalité. La vie en décidera autrement pour celle qui accepte la demande en mariage de son amour de jeunesse, le père de ses deux enfants.

 

 

«J’ai besoin de donner mes énergies pour être bien.

C’est cette circulation qui m’alimente et me rend heureuse.

Il m’a fallu du temps pour le comprendre et le trouver… »

 

 

C’est là, à son propre mariage, célébré à la saison d’hiver, un 23 décembre, qu’elle va découvrir sa vocation. Grâce à une amie qui lui souffle, émerveillée par cette journée de célébration, qu’elle devrait en faire son métier : wedding planner (organisatrice de mariage). La graine est semée. Pour autant, encore étudiante avec un contrat de surveillante dans un collège et jeune maman, l’idée de créer une entreprise lui semble à ce moment irréalisable. « J’abandonne l’idée. Un an après, en ressortant les albums photo du mariage, je réalise que je me perds avec la fac, mon job de surveillante au collège. Il était clair que si je restais dans ce contexte, j’allais être dépressive toute ma vie. Je n’étais pas à ma place ». Avant de se lancer, elle se concentre sur ce qu’est une entreprise plutôt que sur le métier même de wedding planner.  Pour  elle, « La difficulté, c’est l’entreprise. J’avais un bac littéraire, autant dire que la gestion d’une entreprise, j’étais à dix mille…  Pendant six mois, j’ai réfléchi là-dessus, à ce que pouvait être un porteur de projet, les formes d’entreprise, les statuts, comment ma famille me soutiendrait sur ce projet là... Il n’y avait pas tous les outils qu’on a maintenant et le métier en était à ses balbutiements  ».

 

Qu'à cela ne tienne, elle expérimente, tâtonne, puis se concentre sur la décoration de mariage, la scénographie et devient officiante de cérémonie laïque, à la grande joie des mariés. Il faut voir Malvina sur le terrain, elle ne compte ni son temps, ni son énergie. Ce qui compte pour elle, c'est vivre la joie sans nom des mariés. Et cela, c'est sans prix. 

Photo : Soufiane Zaidi
Photo : Soufiane Zaidi

TEMPS DE RÊVE | Malvina Chassagne | tempsdereve.fr

Tél; 06 64 30 18 06

64, Boulevard Frédéric Mistral à Narbonne 


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Commentaires: 1
  • #1

    Omega (mardi, 01 octobre 2019 09:44)

    Quelle vidéo hallucinante ! Et que le chemin est long pour arriver à une société harmonieuse. Il me semble qu'Yvette Chassagne a été l'une de nos conseillères municipales narbonnaise. En tout cas merci pour ce beau reportage et bonne continuation.