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SUZANA PANASIAN OU LA VOIE DE LA CLARTÉ

C’est dans le Minervois que vague(s), après avoir longé le canal du Midi, bifurqué ici et là sur des routes sinueuses, a retrouvé Suzana Panasian, Thérapeute Ayurvéda. La jeune femme nous reçoit dans son centre ayurvédique, situé dans l'une des rues du village circulaire de Sainte-Valière. Suzana, nous l'avions déjà rencontrée en mode virtuel. Sur la toile. Créatrice de la chaîne YouTube "Ayurvedafrance THE REAL YOU", vague(s) avait testé les outils qu'elle propose aux internautes pour se reconnecter à la Joie de vivre. Ainsi qu'à la magie de la Vie, - «  Magic is possible, magic is real » est un des credo de Suzana -, et on s'est senti, nous aussi, infusé par sa Présence. Avec générosité et simplicité, elle s'est prêtée, sans détours, au jeu de l'interview. Comment après avoir été manager au sein d'une grande entreprise de télécommunications à Montréal, Suzana est devenue, après des années d'apprentissage auprès des plus grands, la Thérapeute Ayurvéda qu'elle est aujourd'hui ? Parcours d'une femme élégante et lumineuse qui partage ici sa voie de la clarté.  


vague(s) : Comment vous est venue l'idée de ce centre ayurvédique, Suzana ? Vous avez fait des études dans l'ingénierie, vous travailliez à Montréal dans une grande entreprise ? Et aujourd'hui, vous êtes Thérapeute Ayurvéda ? Un grand écart entre ces deux univers ?  

Suzana Panasian : (rires) Je travaillais au Canada dans la télécommunication, pour un centre d’appels. Au service à la clientèle. Et là, j’ai beaucoup appris. Parce qu’il fallait prendre des appels de gens mécontents, insatisfaits et aussi travailler avec le personnel afin de les motiver à prendre ce genre d’appels... Cela a été un travail assez intense émotionnellement. Et c'est à ce moment là que j’ai eu vraiment besoin de trouver des outils de coaching, afin d'aider, en tant que manager, les gens qui font ce genre de travail. 

Mais ce que je suis et ce que je fais aujourd'hui viennent de beaucoup plus loin...   Je me posais déjà des questions toute petite. Il y a eu deux moments importants et fondateurs qui me viennent de l'enfance. Le premier, c'est quand je me regardais dans le miroir à l'âge de 5 ou 6 ans, et que je me posais la question : « Qui suis-je ? ». Je ne reconnaissais pas mon visage. Je me disais que ce n'était pas moi. Et le second, je me souviens, je devais avoir 3 ans. C'est à travers une méditation, j'étais dehors, assise, à même le sol, et j'avais un caillou dans la main. Et je me demandais ce que cela faisait d'être une pierre. Je voulais savoir ce que cela faisait d'être quelque chose d'autre que moi. Je pense que j'ai toujours eu ce genre de questionnement. J'ai regardé la pierre jusqu'au point où je le suis devenue. J'étais UNE avec la pierre. Enfant, je vivais souvent des expériences de sorties hors du corps. Après, cela a été terminé, je n'ai plus eu du tout d'autres expériences de ce type. C’est quelque chose qui est lié à mon parcours, qui vient avec moi, mais que je n'ai pas forcément eu à développer dans cette vie…  

 

vague(s) : Vous êtes née au Canada, Suzana ? 

Suzana Panasian : Non, je suis née en Roumanie. J'ai vécu mes premières années d'enfance dans un pays communiste. C'est grâce aux origines arméniennes de mon père que nous avons pu partir au Canada. A cette époque, sortir de Roumanie était mission impossible. Cela a été notre chance, si vous voulez. J'ai découvert une autre culture au Canada, tout le monde a la chance, en travaillant, de s'élever et peut se créer une fortune. D'ailleurs, quand je travaille avec mes clients au sujet de la prospérité, j'observe toutes ces idées préconçues sur l'argent, le côté négatif de l'argent. Le fait de considérer les riches comme des méchants. Je travaille avec des gens riches, et ce ne sont pas des méchants ! C'est l'un des plus grand blocages que je rencontre avec les personnes qui ont de la difficulté avec la prospérité, c'est leur attitude négative envers les riches. Parce que si je considère une personne riche comme étant méchante, je ne veux pas être méchante, donc je ne veux pas être riche. Ce n’est pas une question uniquement de richesse, mais une question d’attitude et d’abondance, c’est-à-dire à être dans la capacité de recevoir, avoir cette confiance en l’univers que je vais recevoir ce dont j’ai besoin, aussi longtemps que je suis en alignement avec ce que je suis, avec mes valeurs. 

vague(s) : Et qu'est-ce qui vous a conduit à l'Ayurvéda, cette science millénaire qui nous vient d'Inde ?

Suzana Panasian : Je pense que je n’aurais pas pu être moi-même, en faisant le travail que je faisais avant. Car là, il y avait d’autres règles. D'où l’importance de faire le passage entre un métier à un autre.  Car à un moment, on n'y arrive plus, on a  tellement de choses à vivre et à exprimer que l'environnement  'limitant' ne le permet plus. La douleur et la souffrance peuvent alors être des moteurs de changement. 

J'ai commencé à pratiquer le yoga à l'âge de 20 ans. Mais ce qui m'a amené à rencontrer l'Ayurvéda et à m'y former, c'est ce que j'appelle mon point de bascule, cela a été une maladie. Suite à une relation amoureuse douloureuse, - un échec pour moi -, j'ai développé une endométriose. C'était le corps qui venait me signaler quelque chose. D'un point de vue émotionnel. On m'a dit, après une endoscopie, que je ne pourrai plus avoir d'enfant. On m'a donné à suivre un traitement à base d'hormones. J'avais 29 ans, j'étais complètement démoralisée, j'ai pris une de ces gélules, et je n'ai pu dormir de la nuit. Le matin, au réveil, j'ai entendu en moi clairement : « On ne peut pas corriger un déséquilibre en en créant un autre ». Et là, j'ai dit non, j'arrête ici...

A cette époque, il n'y avait pas toutes les informations qu'on trouve aujourd'hui sur le web. J'ai trouvé une praticienne en médecine chinoise à Montréal, spécialisée dans les troubles du système reproducteur féminin, et je me suis mise au yoga. Je me suis alors créé ma propre routine en pratiquant quelques asanas (1), grâce à mes livres de yoga, mes notes, afin de travailler principalement mon second chakra (2), sans trop savoir ce que je faisais. Pour me soigner, j'ai fait appel à l'acupuncture, j'ai pris des herbes chinoises. Et de fil en aiguille, avec toutes ces recherches, j'ai découvert l'Ayurvéda. 

Un centre de loisirs cherchait un prof de yoga. Une amie, qui me voyait pratiquer mon yoga tous les jours, m'a conseillé de donner des cours. Au Canada, ce qui compte, ce ne sont pas les diplômes, c’est qu’on sache faire. J'ai donc commencé à donner des cours en parallèle à mon travail. Et quelques mois après toutes ces recherches, je suis tombée enceinte. C’est ma fille qui m’a guérie. Le corps a trouvé sa manière de faire. Two for one (3). La guérison et un bébé.

Après mon congé de maternité, j'ai repris mon poste dans l'entreprise. Mais jeune maman, je n'avais plus l'envie de faire dix à douze heures de travail. Je voulais être là pour ma fille. Un an après, l'entreprise, en pleine restructuration proposait six mois d’indemnités à ceux qui voulaient partir volontairement. Et j’ai profité de cela. J'ai commencé à donner d'autres cours, et préparé une formation de professeur de yoga de la tradition Hatha Yoga classique, (Shivananda Sathyananda), ce que j’aime le plus. C'est au Brésil et aux Etats-Unis que je me suis formée à l'Ayurvéda. Et j'ai ouvert mon cabinet chez moi comme Thérapeute Ayurvéda. Quand j'ai quitté le Canada avant de créer mon centre ici à Sainte-Valière, mon cabinet comptait plus de 200 clients. 

J’ai également suivi une autre pratique de yoga, le Suddha Raja Yoga, un système de yoga assez élevé, qui passe par la cérémonie, la méditation, une pratique personnelle qui dure une heure et demi chaque jour. Et la première étape dure sept ans. Pendant sept ans, j'ai pratiqué une véritable sadhana (4). Un maître de cette discipline disait d'ailleurs : « Il n’y a pas de liberté sans discipline ». La seule liberté que l’être humain peut trouver, c’est dans la discipline. C’est sûr que maintenant, je joue davantage. Je ris maintenant de la discipline. La discipline sert seulement à une chose : réaliser qu’elle n’est pas nécessaire. Mais il m'a fallu passer par là.

 

« La source réelle de la souffrance, c'est la séparation de soi »

 

vague(s) : Quelle est votre approche de tous les systèmes que vous avez suivis  ? 

Suzana Panasian : Je suis très fidèle à la technique. Quand j'apprends une technique, je veux l'appliquer dans son intégrité. Dans son essence et son originalité. Je ne veux pas commencer à me l’approprier et à en créer des versions. Si j’adopte une technique, c’est que je la sens, comme avec l’Ayurvéda, quand j’ai commencé à lire des textes sur l’Ayurvéda, je l’ai su, il y avait quelque chose, un savoir, qui me disait dans le corps : c’est cela ! J’ai un esprit critique. Je suis scientifique de formation, ingénieur en mécanique fine. Pour moi, le corps est comme un mécanisme avec des réglages. Cela me sert dans ma manière de regarder les choses. Et comme j’ai un esprit critique dans le sens de discernement, j’ai du mal à accepter certaines théories qui ne vont pas combler ma structure interne. Je ne vais même pas commencer à les étudier, je le sens tout de suite. J’ai cette capacité à voir de suite si cela me correspond, ou pas. Et quand j’identifie une discipline qui me correspond, je n’en doute plus. Je ne vais pas commencer à la remettre en question et je vais suivre ce qu’elle enseigne. Si sur la première ligne des textes de l’Ayurvéda, il est noté  : « La source réelle de la souffrance, c’est la séparation de soi. » C’est un fait, ce n’est pas parce que je le crois, c’est parce que je le sais. Toutes les disciplines que j’ai suivies proposent des idées, une philosophie que je peux reconnaître comme étant pour moi la Vérité.

Toutefois, là où j’avais un peu de mal avec ce que je faisais, c'était de savoir ce que j'apportais personnellement. Il me manquait quelque chose. J'avais du mal à me positionner. Je suis contente d’être un maillon dans la chaîne de l’Aryurvéda. C’est formidable, je me sens connectée à 5000 ans d’histoire et d'expériences. Je me sens reconnaissante et chanceuse d’avoir cet honneur de transmettre aujourd'hui cette science millénaire. Je pratique la P.N.L. (5),  l'E.F.T. (6), l'Ayurvéda, mais je ne voulais pas être uniquement un "follower" d'une discipline. Où étais-je moi ? Je sentais que quelque chose me manquait. Je n'allais tout de même pas changer l'Ayurvéda ni les techniques de P.N.L. mais je voulais être moi-même.

 

vague(s) : La touche de Suzana ?

Suzana Panasian : Oui. Je ne voulais pas créer une technique à partir de plusieurs disciplines comme certains le font. Par la suite, j’ai découvert, - et ce fut un moment d’épiphanie, de grand bonheur -, en échangeant avec mon professeur de P.N.L., que ce que j'apportais, c'était ma nature joyeuse et la magie. Je me suis dit, oui, c'est là où se trouve mon apport, tout ce que j'ai cristallisé avec ce que j’ai vécu :  j’ai créé des diamants à partir de pierres de roche. J’ai toujours voulu créer de la magie autour de moi. J’ai toujours été une croyante de la magie : « Magic is possible, magic is real ». C’était mon dicton avant. Aujourd'hui, je sais ce que j'apporte d'unique : ce sont toutes ces connaissances qui se transmettent dans la joie et la magie. Je ne prends pas les choses au sérieux dans le sens où si vous, vous voyez des monstres quand j’entre dans votre univers, votre hologramme, votre interprétation du monde, je vais le regarder avec vous, et moi, je ne le vois pas comme un monstre. Et je vais vous aider à le voir comme moi. A savoir une création de l’esprit. C’est dans ce rire là. Et les gens avec qui je travaille aiment beaucoup. Ce n’est pas que je ne les prends pas au sérieux, mais je suis dans la joie, dans le dialogue avec la personne. Et la magie. C’est là, mon apport. L’unicité de ce que je fais. Je ne suis pas celle qui lorsque vous avez un problème va aller dans le sens de la compassion et de la douleur, je vais dire quelque chose qui va juste être drôle en le reformulant. Je vais vous amener à changer de regard, et voir que ce n’est pas réel.

J'ai trouvé l'harmonie, dans mon besoin de pureté de l'enseignement, en lien avec la confiance en soi, d'être soi-même. C'est la quintessence : trouver ce point, cette ligne profonde en soi qui me correspond. Et c'est la magie. Et la joie. La magie opère de suite quand on vient me voir. Mais quand je parle de magie, c’est de la magie de la vie dont il s'agit, de la magie d’être, d’avoir la connaissance des lois, de comment cela marche. Ce n’est pas une magie aveugle où je dis on va faire cela, et cela va marcher, parce que je le crois, non ! C'est parce que je sais comment l’inconscient fonctionne. C’est la source de la magie, tout se passe là. 

 

 

vague(s) : Quand on avance avec ce postulat, The magic is real, cela ouvre beaucoup de portes ? De part votre parcours, sans dénaturer le sens de ce que vous avez reçu en formation, que ce soit des techniques ancestrales ou plus modernes de thérapie, vous les avez tellement intégrées que vous êtes parvenue à un point où vous pouvez y ajouter ce que vous êtes, par la magie ? 

Suzana Panasian : Oui, il y a connaissance et connaissance dans le monde. Il y a la connaissance scientifique, les connaissances créées par l’homme et il y a la connaissance directe, la connaissance de ce qui est. L’univers contient l’information, donc on peut soit se connecter à cette connaissance, à cette base de données, ou bien commencer à apprendre autre chose. Cela peut être telle que l'éducation moderne nous l'enseigne, des choses qui ne sont pas nécessairement dans la vérité de qui nous sommes. Par exemple, le système bancaire est une invention de l’homme. Ainsi que le système économique. Ce n’est pas la loi universelle. Donc, c’est cette connaissance directe qui change, qui permet la transmission à travers ce fil électrique de qui je suis. La vie qui se fraie un chemin à travers un ensemble de modèles : je suis trois milliards de cellules et je ne sais combien de modèles mentaux, énergétiques dont j’ai hérités ou que l’on m’a imposé. Et quand ce courant électrique passe à travers tous ces modèles, là, il y a la transformation. Et cela va prendre la forme que j’ai. Non pas pour ne pas être moi-même, on ne peut pas ne pas être soi-même. En fait, c’est plus simple qu’on ne le pense. Il suffit de se brancher.

L’important, c’est le pouvoir de la connaissance. La connaissance réelle, qui permet le remodelage de qui je suis, tout en restant moi-même. 

 

« C'est plus simple qu'on ne le pense, il suffit de se brancher »

 

vague(s) : Le nom de votre chaîne YouTube, grâce à laquelle vague(s) a fait votre connaissance, s'intitule THE REAL YOU. Vous y proposez des protocoles E.F.T. et divers enseignements. 

Suzana Panasian : C’était la manière la plus facile de transmettre certaines choses. L’E.F.T., c’est une technique facile à utiliser et pour n’importe quoi. Je crée mes propres protocoles, d’après mes expériences ou celles que j'ai avec mes clients, pour aller dénouer une problématique. Le nom de la chaîne, THE REAL YOU,  vient d’un texte d’Alan Watts (7). Cela m’a beaucoup parlé, cette notion d’être soi-même. Je m’aperçois que je n'ai pas créé ma chaîne dans une logique de marketing. C’était vraiment pour aider. Et la prospérité passe par la générosité. Je suis passée par là. Il y a des choses gratuites sur le web qui m’ont aidée. Autant que tous ces cours que j’ai payé une fortune. J’ai toujours aimé l’idée de générosité et de partager avec ceux qui n’ont pas les moyens. Quand on est dans un état négatif terrible, on peut être sauvé par ce genre de pratique…

 

vague(s) : Et les massages ? 

Les gens viennent au centre pour une cure de plusieurs jours. Ils peuvent séjourner sur place. Pour certains, c'est 3 à 4 fois par an, au changement de saison, et cela leur suffit. Ils en gardent le bénéfice pendant au moins trois mois. Mais on peut faire un soin individuel à la carte, en fonction de son besoin. Je prépare moi-même mes huiles.

Je ramène mes clients vers l’essentiel. On identifie ce qui compte vraiment pour la personne. Même avec le massage du corps, on peut changer les choses. Sans besoin d’intellectualiser. Cela passe à travers soi. En clarté. 


(1) Asana : posture ou position pratiquée dans le Yoga

(2) Chakra : dans le yoga, chacun des sept points du corps où se concentre l'énergie vitale

(3) Two for one : traduction en français "deux en un"

(4) Sadhana : pratique régulière, discipline et habitude de vie

(5) E.F.T. :  L'Emotional Freedom Technique (E.F.T.) est une pratique psycho-corporelle fondée aux Etats-Unis dans les années 90, par Gary Craig, ingénieur aujourd'hui à la retraite. 

(6) P.N.L. : Programmation neuro-linguistique, thérapie brève conçue dans les années 70 aux Etats-Unis par John Grinder, professeur de linguistique et Richard Bandler, mathématicien et psychothérapeute.

(7) Alan Watts : philosophe, écrivain et conférencier, né en 1915 en Grande-Bretagne et décédé en 1973 en Californie, auteur de 25 livres sur la spiritualité, les religions et philosophies d'Orient et d'Occident. 


Retrouvez Suzana Panasian dans notre rubrique Histoire de Reconversion dans le magazine vague(s) de printemps à télécharger gratuitement. 

 

Cours de yoga à Sainte-Valière

Soins à la carte (massages, consultations ayurvéda, cures...) 

Site web https://www.ayurvedafrance.com/

Chaîne YouTubehttps://www.youtube.com/user/ayurvedafrance


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