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"ET JE CHOISIS DE VIVRE..."

C'est dans la salle 7 du CGR de Narbonne que se projetait le film solaire "Et je choisis de vivre....", un documentaire qui soulève le voile, avec une infinie délicatesse, d'un drôle de sujet qui ne fait pas le buzz :  la mort. Ils étaient nombreux dans la salle, ce soir-là, touchés de plein fouet par la disparition inexplicable d'un proche. Enfant, conjoint, mari, époux, petit frère, grande sœur, père ou mère... chacun était invité, à évoquer son vécu, à travers le micro des animatrices de la CAF - belle initiative à saluer au passage - un peu maladroites dans un rôle sans doute un peu surjoué.... cela a toutefois le mérite d'être là. Quand pourra-t-on enfin parler de la mort, ce passage inéluctable, sans crainte de voir les visages se fermer ? Ce documentaire, à l'initiative d'Amande, qui à 30 ans perdait son premier enfant, ouvre une formidable voie. On rêve qu'un jour, parler de ce que chacun redoute tant, ne sera plus un sujet tabou.  


Le manque, l'absence, la douleur, le déchirement, le tsunami de l'inexplicable quand la Vie vient prendre ce qui vous est le plus cher : un enfant, un père, une mère, un mari, un frère, une sœur, un ami... La douleur, toujours inscrite dans la mémoire cellulaire, s'estompe avec le temps, comme chante Léo Ferré mais elle demeure toujours là, comme le signale une des témoins du film, Mamie Nadette, elle qui a perdu son jeune enfant Philippe.... 

 

"Avec le temps, avec le temps... ", chacun face à CELA : la mort, ce mystère de la vie.

 

Amande, 30 ans, a vécu la mort de son enfant, Gaspar. Un vide s'ouvre alors devant elle. Un désespoir que chacun va gérer à sa manière, le père de Gaspar, Guillaume, compagnon d'Amande, n'étant pas friand de mots, va gérer par l'action, pour ne pas se laisser submerger. 

 

 

Ils vont marcher tous deux, en silence, côte à côte, chacun dans sa solitude et unis dans l'indicible. Alors même qu'ils vivent la perte, chacun à leur manière, de cet enfant qu'ils n'accompagneront plus jamais, une idée germe chez Amande : réaliser un film qui pourrait parler de ce qu'elle vit et dont on n'ose si peu parler : la mort, le deuil (1) - Qu'est-ce à dire : faire son deuil ? Cela dure combien de temps ? Il y aurait-il un mode d'emploi ? 

 

Son ami d'enfance, Nans Thomassey, enthousiasmé par l'idée, commence à écrire un scénario et fait appel aux réseaux pour que leur route vienne croiser ceux qui vont aider Amande à intégrer, accepter - renonçons à comprendre -  ce qu'elle vit. Ce sont tous des endeuillés, ils ont survécu à la perte et continuent de vivre. Malgré la fêlure. 

 

- Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière - 

 

Groucho Marx

 

 

Ensemble, ces deux-là partent en marche avec leur compagnon de route, un âne, sur les routes de la Drôme, les TROIS BECS étant le point culminant de l'initiation. 

 

Et on retient entre autres témoignages vivants celui de Christophe Fauré, figure notoire, psychiatre et psychothérapeute, spécialiste de l'accompagnement du deuil et de la fin de vie, et des problématiques du couple et de la famille, qui grâce à sa présence digitale, en a aidé plus d'un dans un processus de laisser aller...

 

Dans ce magnifique film-documentaire, face à une Amande qui cherche des solutions et des clés pour retrouver ce qu'elle était avant l'effondrement, Christophe Fauré déculpabilise et réconforte. Chacun va trouver les ressources en soi. A sa manière (2). Il n'y a pas de mode d'emploi. 



ENFIN UN FILM et une action reconnue d'utilité publique

Face à la violence de l'inéluctable, il est parfois si difficile de trouver les mots justes quand on est face à ceux qui vivent la perte. Parfois, les phrases sont assassines, ignorantes ou maladroites. Le deuil n'est pas à comparer à un problème de santé mentale, loin de là. Chacun le vit à sa manière. Tout comme Amande, un jour, on choisit de vivre. Et de pleurer tant que ce sera encore le temps de rire. 

 

 

- Il y a quelque chose de plus fort que la mort, 

c'est la présence des absents, dans la mémoire des vivants - 

 

 

Jean d'Ormesson

 

Epilogue : Trois ans après cette initiatique traversée, Amande vit aujourd'hui avec Guillaume, son compagnon, entourée d'une famille élargie : depuis ce film, Amande a donné naissance à deux enfants. Comme elle aime à le dire, ils sont une famille de cinq, car Gaspar est et sera toujours présent...   


(1) Le deuil : "Je ne veux pas combler ce vide, je ne veux pas faire ce deuil.... de moi ! "

Merveilleux et si sincère témoignage de Franck Lopvet. 

(2) La manière de Serge Griggio : voir article vagues(s) printemps 2019 : Serge Griggio série "Post Mortem"


 "Et je Choisis de Vivre", film documentaire autoproduit et auto-distribuéest une aventure participative, portée par des personnes voulant s’engager dans la diffusion d’un message sociétal permettant de lever le tabou sur le sujet du deuil. La question de la mort ne devrait plus être un tabou mais un sujet qui nous concerne tous. Pour récolter des fonds, l’équipe a réalisé un tour de France pour présenter son projet lors de 15 conférences “Deuil et renaissance”. L’engouement était au rendez-vous et près de 1500 personnes se sont mobilisées. L’opération de financement participatif a connu n véritable succès : elle devient la 2e plus grosse levée de fonds en ligne (plus de 2000 donateurs) pour un film après celle de"Demain"... Le projet réunit aujourd’hui près de 9000 personnes sur la page Facebook et 1500 abonnés à la Newsletter. Ce documentaire est porteur d’espoir pour tous ceux qui sont touchés de près ou de loin par la perte d’un être cher. Il est destiné à un large public qu’il sensibilise et accompagne pour mieux vivre ces inévitables moments de la vie. 

 

Extrait du dossier de presse

Site web : etjechoisisdevivre.com

Créative Libération : sortir du silence 

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